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À Banyuls, du dégoût de l’agrément aux plaisirs des goûts des vins.

L’agrément des vins d’appellation, la bouteille à… l’encre… ! Un gouffre financier, une débauche de temps, pour des résultats… qui fâchent beaucoup de monde. Les consommateurs, pour qui l’étiquette AOC ne rime souvent plus avec qualité et respect du terroir depuis maintenant longtemps, et cherchent d’autres moyens de sélection de leurs achats. Et des vignerons qui ne comprennent pas que leurs vins de terroirs soient diabolisés en vins de table, pour « atypicité », alors que la qualité standard d’un niveau très moyen alimente les linéaires.
Dans le grand chantier ouvert par l’INAO pour réformer les AOC, l’agrément tient une place particulière, plaque très sensible qui cristallise toutes les carences du système actuel.
Aussi, les syndicats des crus Collioure et Banyuls, et l’association Sève, ont-ils organisés, à la fin août 2005, avec la participation de l’INAO et de son président pour le vin, René Renou, un colloque : « Des Goûts, Des Vins ». Ce colloque a réuni des scientifiques et des universitaires du goût, de la dégustation, des terroirs, et de nombreux professionnels de la vigne et du vin, vignerons, œnologues…
Y a-t-il un « goût de l’appellation » ? Le goût, est-il dans ce que l’on goûte, ou (et) dans celui qui goûte ? Quelles réformes de la dégustation pour accompagner l’ambition de remettre l’exigence des conditions de production au centre des agréments des vins d’AOC ?
Nous vous proposons d’accéder au compte rendu de ce colloque, dont René Renou a écrit « qu’il a été une réussite exceptionnelle » : « Le miracle c’est entrer dans un débat de qualité reposant sur l’écoute, le savoir des gens extérieurs, sans arrogance ni suffisance, l’envie d’avancer loin des langues de bois. »

Patrick Baudouin, Marc Parcé.

Le mot de René Renou

Le colloque de Banyuls a été une réussite exceptionnelle et pourtant beaucoup de paramètres pouvaient faire craindre le pire (vendanges, éloignement, etc..).
Mais lorsque le débat décolle pour se retrouver dans les sphères (rarissimes) de la science et de la pratique, lorsque les gens s’écoutent, qu’ils affichent une volonté d’ouverture intellectuelle : le miracle se produit.
Le miracle c’est entrer dans un débat de qualité reposant sur l’écoute, le savoir de gens extérieurs, sans arrogance ni suffisance, en un mot l’envie d’avancer loin des langues de bois, ce qui donne une sensation de grande fraîcheur à l’issue de la journée.
Malheureusement c’est toujours ceux qui vont à la messe qui en ont moins besoin. Ce qui n’est pas forcément le cas de tous ceux qui ne viennent pas…

Le monde change et vouloir faire l’autruche est le moyen le plus sûr pour disparaître. Nous devons comprendre ce qui bouge et pourquoi.
Il n’y a pas d’action constructive sans réflexion à la lumière du savoir objectif.

Merci à « Sève » et aux syndicats des crus Banyuls et Collioure d’avoir organisé ce débat (à refaire de façon récurrente bien sûr).
Merci aux scientifiques de nous avoir éclairés en prenant des angles totalement nouveaux pour parler du vin dans toute son acception.

Je crois dans les AOC, à condition d’obéir à une éthique simple :
Avoir le respect en toute transparence
- du métier de vigneron
- du terroir
- du consommateur

Le tout dans un esprit d’ouverture vis à vis de ses collègues vignerons ce qui n’a rien à voir avec « je fais ce que je veux » mais tout avec l’éthique de construire ensemble car l’AOC c’est l’absolue garantie du succès.

René Renou.

source (La Revue des Oenologues)

textes ( Des Gouts des Vins2) (Des Gouts des Vins )

 

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