ASSEMBLEE GENERALE 2010 DE CHATEAUNEUF DU PAPE

COMMUNIQUE Après Beaune l’an passé, SEVE avait choisi pour son
Assemblée Générale Châteauneuf du Pape, autre lieu historique
éminent dans l’histoire de la création des AOC. Nous remercions les
vignerons de Châteauneuf, leurs syndicats, et en premier lieu Bruno
le Roy de Boiseaumarié, Président de la Fédération des syndicats, et
Catherine Armenier, présidente de l’ODG, pour la chaleur de leur
accueil, et leur participation à cette journée.

La création de l’association de vignerons « Sève, les amis de Joseph Capus », en 2005,
répondait à la nécessité ressentie par de nombreux vignerons d’une refondation des AOC.
L’enjeu de cette refondation était de redonner du crédit à l’AOC. En particulier par une
redéfinition exigeante des itinéraires à la vigne et à la cave utilisés par les vignerons pour
l’expression des grands terroirs dans ceux de leurs vins revendiquant l’AOC. Cette ambition
correspondait aussi à une demande incontournable du marché d’avoir une segmentation plus authentique, fiable et lisible, de l’offre du vin en France. L’enjeu était de remplacer une
politique de commercialisation basée sur le « tout AOC » par une nouvelle segmentation
permettant à la fois plus de libertés dans les vins de fruit et d’identité régionale (IGP), et plus
d’exigence dans l’AOC (AOP), des revenus satisfaisants pour tous dans la transparence et la
tranquillité, et la satisfaction, basée sur la confiance, du consommateur. SEVE est née de la
convergence de ces exigences et de l’appel du Président du Comité vins de l’INAO en 2005,
RENE RENOU, à ces vignerons, pour qu’ils se fédèrent et travaillent avec lui, avec l’INAO et les organismes professionnels, pour atteindre cet objectif. Le Comité National de l’INAO, le 2 juin 2006, avait voté, sous la présidence de René Renou, le principe de cette segmentation de
l’AOC. Aujourd’hui, nous sommes à quelques mois de la remise du cahier des charges des
appellations revendiquant l’AOP (ex AOC) aux instances communautaires chargées de les
valider. Un critère particulier de cette validation sera l’examen de la pertinence du nouveau
paragraphe décrivant le lien au terroir de chaque appellation. L’AG de Sève est obligée de
constater que dans la grande majorité des cas, la description de ce lien au terroir n’a été
qu’une opération formelle, sans réelle réflexion sur les choix du travail à la vigne et à la cave, et n’a pas été menée avec l’ambition d’une redéfinition de la segmentation. Il y a même
quelques cas où quand ces ambitions ont été portées par des vignerons, elles se sont heurtées
à des obstacles allant jusqu’au refus de ces demandes. La révision à la baisse a été plus aisée
que l’inverse. Et la volonté d’intégrer la dimension environnementale, responsabilité citoyenne de la profession, dans nos pratiques paysannes, s’est heurtée à une fin de non-recevoir.

Une partie de la profession veut en fait poursuivre coûte que coûte la politique du « tout
AOC ». Coûte que coûte, car même si Bruxelles validait ces cahiers des charges, le problème
resterait entier. SEVE l’a dit depuis le début : sans segmentation, la réforme des aoc sera un
échec, et le système actuel s’effondrera.
L’AG de Sève s’est particulièrement inquiétée d’une politique soutenue par quelques
responsables, allant à l’encontre des objectifs de la réforme, et menaçant même ses premiers
acquis.
Dans de très nombreuses régions viticoles de France, en particulier depuis l’Alsace jusqu’au
Roussillon, en passant par le Rhône, nous faisons face à une volonté arbitraire, contraire à
l’histoire, à la biodiversité, à l’esprit des appellations, au respect du terroir et des vignerons
le servant, , et à l’intérêt des amateurs de vin, d’imposer la disparition de certains cépages
de cahiers des charges d’AOC, d’imposer des proportions aberrantes et inutiles d’assemblages
de cépages. Cette politique répond peut-être aux besoins de production des vins de volume,
par la simplification de la production, le besoin d’utiliser massivement des vins au fort typage
variétal pour obtenir des produits standards. Mais cette politique est totalement contraire à
l’avenir des vins d’AOC. C’est une menace d’arrachage de cépages, de parcelles, qui font
partie du patrimoine historique des terroirs, du patrimoine millénaire constitué par la richesse de la diversité de nos variétés de vignes. C’est une menace de disparition des vignerons exigeants et respectueux de leurs terroirs. Elle est un encouragement à revenir à des systèmes de fraude, et à priver les AOC de vignerons et de vins qui sont leur fierté. L’expression d’un
terroir dans un vin d’aoc ne pourra jamais être réduite au goût d’un cépage. SEVE appelle les
vignerons à intervenir sur cette question très rapidement, à faire circuler toute information à
ce sujet, à ne pas baisser les bras, et s’engage à intervenir très rapidement, par tous les
moyens que nous estimerons nécessaires, pour que cette politique soit remise en cause par
l’INAO, et pour éviter que les cahiers des charges concernés, au lieu d’être l’occasion d’une
valorisation des terroirs, ne se transforment en leurs cimetières.
SEVE, Maison des vignerons de Châteauneuf du Pape, le samedi 15 janvier 2011

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