QUESTIONS À… Thomas CHATAIGNIER, chef de produits vins et alcools chez Match

« Ces foires interviennent à un moment où le marché global du vin est relativement stable.
Pour autant, il y a des évolutions notables : les gens consomment de plus en plus de vins
dits « de terroir ». Ce sont des vins qui n’ont pas d’appellation d’origine contrôlée (AOC), qui mélangent les
AOC et IGP aspects juridiques et cépages. Moins chers que les AOC, ils ont beaucoup progressé en qualité ces dernières années, notamment dans le Sud-Ouest et le Languedoc.La consommation de vins rosés et de blancs est, elle aussi, en forte augmentation. Ce sont des vins plus accessibles, en termes de goût, que les rouges. C’est la conséquence d’une certaine perte d’éducation au goût dans les nouvelles générations, qui consomment volontiers ces blancs et rosés en apéritif. Si les grands crus trouvent toujours leur public, la famille qui souffre le plus, à l’opposé, ce sont les vins de table d’entrée de gamme. Ils représentent toujours les plus gros volumes de vente mais la chute est sévère. En fait, les gens boivent moins, mais mieux. » La crise est-elle perceptible ? « La crise est perceptible depuis les foires aux vins de l’automne dernier, où les ventes ont reculé par rapport à 2007, jusqu’à 10 à 15 % de moins chez certains de nos concurrents. Mais le vin demeure toujours un achat plaisir et personne n’a envie de baisser les prix au détriment de la qualité, même si l’on fait en sorte que ces prix demeurent abordables justement. » Votre offre évolue cependant ? « Pour nous adapter à la crise, on va par exemple communiquer davantage sur le prix à la bouteille que sur le prix à la caisse de six. Nos références en grands crus ne vont pas baisser en nombre mais s’élargir à d’autres régions où les prix sont plus abordables. On aura davantage de vallée du Rhône que de Bordelais, par exemple. La qualité ne doit pas souffrir. » Sur quoi faites-vous la différence entre distributeurs concurrents ? « Ça commence par les dates des foires. Carrefour, cette année, a surpris tout le monde en démarrant très tôt, dans l’idée que plus tôt on la fait, plus tôt on vend. Nous, nous préférons la fin septembre et le début octobre. Ce n’est pas neutre, il y a souvent plus de pouvoir d’achat à ce moment-là. La différence se fait aussi sur le produit : chacun essaie d’avoir des vins que les autres n’ont pas. » • RECUEILLI PAR CH.C.

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