Réforme des AOC – Les ODG ont désigné leurs organismes de contrôle

( Publié le 14/03/2008 à 16h00 )
Les Organismes de défense et de gestion ont fait le choix de leur organisme de contrôle et doivent les faire agréer par l’Inao, en tant qu’organisme d’inspection ou organisme certificateur. La plupart des demandes concernent des agréments en organismes d’inspection.

 


La plupart des Organismes de gestion ont choisi la voie de l’organisme d’inspection sous la forme de structures émanant de la filière… (© JC)

La mutation des syndicats d’appellation en ODG fédérant souvent plusieurs appellations est à présent réalisée. Du côté de l’Inao, on indique que la « première étape de la réforme a été franchie avec succès ». Les ODG ont du désigner un organisme de contrôle, chargé d’assurer les contrôles externes prévus par la réforme, et avec qui ils doivent élaborer des plans d’inspection. Le choix entre deux systèmes a été laissé aux ODG : l’organisme d’inspection (OI), qui constate les manquements et les transmet à l’Inao qui reste chargé d’appliquer les sanctions, et l’organisme certificateur, qui constate les manquements et applique aussi les sanctions. Ces deux types d’organismes doivent respecter des normes internationales attestant de leur indépendance et de leur fiabilité et doivent être agréés et évalués périodiquement par l’Inao.La différence est pourtant de taille entre des organismes d’inspection qui relèvent toujours de la filière viticole et des organismes certificateurs, des sociétés privées travaillant jusqu’ici plus dans l’agro-alimentaire que dans la viticulture. Cependant, la réforme laisse aussi la possibilité aux ODG de faire agréer des sociétés de certification en tant qu’OI, et donc ne pas leur déléguer le pouvoir de sanction.

A chacun son OI

La plupart des ODG des différents vignobles de France ont choisi la voie de l’organisme d’inspection sous la forme de structures émanant de la filière. En Bourgogne, la filière a mis en place Icone (pour Inspection contrôle origine), une société détenue par la Confédération des vignerons et des appellations de Bourgogne et la Fédération des négociants éleveurs de Bourgogne. A Bordeaux, plus de 90% des professionnels a adhéré à l’association Quali-Bordeaux, dont l’assemblée générale regroupera un collège d’ODG, un collège de coopératives et de négociants et un autre de clients finaux (consommateurs, grande distribution, cavistes, restaurateurs). En Vallée du Rhône, toutes les AOC ou presque ont choisi l’OIVR (organisme d’inspection viticole de la vallée du Rhône) un seul OI. En Languedoc-Roussillon, l’organisme d’inspection des AOC du Languedoc-Roussillon-sud de France a été créé en novembre dernier, concernant 18 des 21 AOC du Languedoc Roussillon. Il sera présidé par Marc Parcé, président du syndicat de Collioure. En Alsace, l’organisme d’inspection des appellations d’Alsace Lorraine est présidé par Jean-Claude Rieflé, propriétaire du domaine Rieflé à Pfaffenheim. Dans le Val de Loire, les appellations de l’Anjou ont désigné comme OI l’Association des services pour la viticulture angevine (Assva) qui existe depuis des années. Tout comme en Touraine, où les appellations ont choisi de faire de leur comité de gestion, chargé de l’agrément depuis 1974, leur organisme d’inspection.

Maîtriser les coûts

Le choix de la majorité des ODG pour des organismes d’inspection restant liés à la filière traduit probablement le souci des professionnels de ne pas se sentir « dépossédés » dans le cadre de la réforme et de maîtriser les coûts. « Nous ne voulions pas d’un organisme certificateur qui se préoccupe de la rémunération de ses actionnaires et qui puisse augmenter brutalement ses prix même si ces structures font des économies d’échelle », explique Philippe Boucard, viticulteur en AOC Bourgueil et président du comité de gestion devenu comité d’inspection des vins de Touraine.

Du côté de l’Inao, on indique que « l’immense majorité des ODG souhaitent faire agréer leur organisme de contrôle en tant qu’OI ». Cela vaut également pour des ODG qui ont opté pour un organisme certificateur privé, à qui ils demandent de fonctionner en tant qu’OI, c’est à dire de constater les défaillances et de les transmettre à l’Inao. C’est le cas de Moulis dans le Bordelais, qui a choisi pour son OI la société Agrocert. L’Union des producteurs et élaborateurs de crémants (UPECB) en revanche a choisi Certipaq et a demandé pour cet organisme un agrément en tant qu’OC. Mais sur le terrain, Certipaq sous-traitera à Icone les contrôles auprès des producteurs de crémant.

Source : Viti-net
Auteur : Ingrid Proust – Ligérienne de Presse
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