Nouveau plan de contrôle : La réforme des AOC est définitivement sur les rails depuis le 1er juillet 2008

La gestion des appellations d’origine a profondément évolué. Attendue par les observateurs (organisations de consommateurs, pays étrangers) et programmée par la loi d’orientation agricole de 2006, la réforme repose essentiellement sur une nouvelle répartition des contrôles. Elle vise à donner … Continue reading

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Réforme des AOC – Les ODG ont désigné leurs organismes de contrôle

( Publié le 14/03/2008 à 16h00 ) Les Organismes de défense et de gestion ont fait le choix de leur organisme de contrôle et doivent les faire agréer par l’Inao, en tant qu’organisme d’inspection ou organisme certificateur. La plupart des … Continue reading

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Les AOC ne seraient plus un gage de qualité

L’association de consommateurs s’attaque aux fameuses AOC, les Appellations d’origine contrôlée. Se basant sur l’avis de 75 professionnels de la filière viticole, l’UFC considère que l’AOC n’est plus un gage de qualité.  »Grosso modo, 20 à 40% des vins AOC ne méritent pas cette appellation » tempête Olivier Andrault, de l’UFC. Originellement créées pour identifier un produit selon son authenticité et sa typicité géographique, les AOC doivent protéger les savoir-faire et la culture des terroirs français. Implicitement, elles représentent le gratin des vins. Dans les faits, ces appellations seraient bradées et données sans contrôle rigoureux.

 »L’AOC a été dévoyée. On a vu apparaître des vins moins typés, standardisés pour correspondre à la mode du moment », explique Olivier Andrault de l’UFC. Un détournement de l’AOC qui s’explique en partie par la manière dont est attribuée cette appellation.  »Les comités d’attribution sont composés par des vignerons, juge et partie, et les vins goûtés avant l’assemblage final », explique Alain Rosier, meilleur sommelier du Monde 1984. Des jurys  »d’agréments » jugés  »laxistes et laissant passer 98% des productions présentées » par l’UFC. Pour améliorer la qualité des vins,  »il faudrait un examen gustatif lors de l’assemblage final du vin et non avant, comme c’est le cas actuellement », indique Olivier Andrault. L’UFC-Que Choisir suggère également que des comités indépendants composent les jurys.

Vers une refonte des AOC

La loi d’orientation agricole du 6 janvier 2006 a lancé une réforme des AOC pour contrer la crise du secteur viticole. L’Institut national de l’origine et de la qualité (INAO) est chargé de sa remise à plat, en concertation avec les Organismes de défense et de gestion (ODG), formés par les vignerons. L’UFC-Que Choisir participe au débat. Pour l’association, ces organismes doivent définir la production ayant vocation à être labellisée AOC selon les notions de terroir et de typicité.  »Ni les vignerons, ni l’INAO ne travaillent à cette ligne de partage. C’est une réforme en trompe-l’œil! » critique Olivier Andrault. Pour Yves Bénard, président de l’INAO,  »ce serait irréaliste et réducteur. » Il reproche à l’association de vouloir une AOC classifiant les vins selon des critères de goût.  »L’AOC vise à éliminer les vins qui ne respectent pas les cahiers des charges, mais certainement pas à les classer selon des critères subjectifs. »

Au 30 juin 2008, le contenu de la réforme doit être validé. Déjà quelques réflexions ont été approuvées. La dégustation se fera à l’assemblage final, la délimitation parcellaire des vignes sera vérifiée, la qualité des vignes et la manière dont les vins sont élaborés également. Surtout, un organisme indépendant remplacera les actuels jurys d’agrément. Des réformes qui vont dans le bon sens mais n’augurent pas nécessairement de la qualité du vin.

source : Le figaro.fr

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Réforme des AOC viticoles Le tiers de la production doit sortir de l’appellation !

L’Appellation d’Origine Contrôlée ne constitue plus une garantie de qualité ou de terroir pour la production viticole française (1)! C’est ce qu’affirment 75 professionnels représentatifs de la filière (2), dans une enquête publiée aujourd’hui par l’UFC-Que Choisir sur les vins AOC (3).

Confirmant que d’un bout à l’autre de la filière du vin, des professionnels ont contribué à brader ce signe officiel, les producteurs, négociants, oenologues et acheteurs que nous avons interrogés indiquent que :

- Pour 40 % d’entre eux, l’AOC ne garantit pas de minimum qualitatif !

- Pour 65 % d’entre eux, l’AOC ne représente pas la typicité d’un terroir !

Les causes sont nombreuses : course aux volumes, inflation des rendements, décrets d’appellation dépassés et agrément laxiste laissant passer 98 % des productions présentées !

Mais la perte de crédibilité de l’AOC s’explique aussi par la coexistence au sein de l’appellation de deux types de vins ayant des rapports qualité/prix différents et qu’il faut désormais séparer de manière officielle : d’une part des vins ayant su garder un lien fort avec leur terroir et répondant à la définition originelle des AOC, d’autre part des vins moins typés, répondant à une nouvelle demande du marché, mais qui ont vocation à se développer hors de l’AOC. En distinguant ces deux catégories par deux appellations distinctes, on répondra au double objectif d’éclairer le choix du consommateur et de sauvegarder le patrimoine des AOC.

Pour qu’à l’horizon 2010, la réforme des AOC pilotée par l’INAO (Institut National de l’Origine et de la Qualité) ait rétabli la crédibilité des AOC, l’UFC-Que Choisir demande :

- que les Organismes de Défense et de Gestion de chaque appellation (ODG) réécrivent les cahiers des charges en se recentrant sur la notion de terroir, et excluent les autres aspects sans lien avec la typicité (sécurité sanitaire, normes HACCP, alimentarité des matériaux, etc.),

- que l’INAO arrête le flot des AOC au rabais, en refusant les cahiers des charges ne répondant pas à ces principes, et fasse progresser le niveau qualitatif des vins, en instaurant des sanctions proportionnelles au niveau de démérite des productions,

- que les ODG mettent en place un ensemble de contrôles aboutissant au déclassement des productions qui n’auraient jamais dû appartenir à l’AOC.

 

(1)Des experts et des professionnels de la filière viticole estiment qu’un tiers du volume du vin français produit en AOC ne mérite pas cette appellation du fait de son faible niveau qualitatif et du manque de lien au terroir. (2)75 professionnels travaillant en relation avec 20 AOC génériques, représentatives des grands bassins de production viticole française. (3)Etude sur les garanties qualitatives et de typicité des AOC génériques commercialisées entre 2 et 8 euros la bouteille.

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Agrément – Le flou budgétaire de la réforme

La réforme de l’agrément des Aoc se propose de redynamiser le secteur en déléguant et en privatisant les contrôles. Ces modifications entraîneraient un surcoût allant jusqu’à 50% du coût actuel. Actuellement, les viticulteurs payent une cotisation volontaire aux syndicats (de … Continue reading

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L´agrément fait sa révolution

 » On se demande si l´on parviendra un jour à assurer le contrôle des appellations d´origine au moment de la livraison au détail. En tous cas, ce n´est sans doute pas une chose aisée puisqu´elle n´a pas encore été réalisée. Et dans ces conditions, que signifie tout le contrôle antérieur des appellations d´origine ? « , s´interrogeait il y a plus de soixante ans, Joseph Capus, souvent désigné comme  » le père des AOC « . Ce manque d´attention porté au consommateur était aussi dénoncé, plus récemment, par René Renou, feu le président du comité national des vins de l´Inao :  » Les AOC sont la plus belle part de rêve du vin mais il arrive que cette promesse ne soit pas tenue.  » Et de conseiller à l´Inao et aux syndicats d´appellation de méditer sur cette parfois fallacieuse promesse. Ce qui fut fait. Résultat : les AOC vont connaître une de leurs plus grandes réformes depuis l´instauration en 1974 d´examens organoleptiques et analytiques des vins comme les y incitait la première OCM (Organisation commune de marché). Voire une révolution.
Tout le monde est d´accord : le système actuel était arrivé au bout du rouleau. Trop de dérives et peut-être, sans vouloir le dire ni trop haut, ni trop fort, trop d´agrément social. Donc, c´est promis, c´est juré : le consommateur sera désormais placé aux centres des préoccupations. C´en est désormais fini, et c´est bien le coeur de la réforme, d´un contrôle de la qualité des vins par un jury à la fois juge et partie. Gage de la crédibilité de l´agrément nouvelle formule et donc, assurent les promoteurs de cette réforme, de son efficacité, le contrôle désormais sera effectué par un organisme tiers indépendant au plus près du stade de la consommation. La transparence devient le maître mot. Et pour que les choses soient claires sur le terrain, les missions de gestion et de défense de l´appellation et les fonctions de contrôle, auparavant assumées par le seul syndicat de l´appellation, seront assurées par deux organismes distincts.
Chaque opérateur impliqué dans la production de vin AOC devra disposer d´un outil de production minimal qui sera défini dans le cahier des charges de l´ODG. ©P. Cronenberger

Les cotisations perçues par l´ODG pourront être obligatoires
Ainsi, l´ODG (organisme de défense et de gestion) sera chargé des missions d´intérêt général : définition des conditions de production de l´AOC, défense de l´appellation, protection des terroirs. Cet organisme devra également assurer une mission de contrôle dite interne auprès des producteurs que d´aucuns qualifient de pédagogique, sur les conditions de production. Autre nouveauté de taille : les cotisations perçues par les ODG pourront être obligatoires. L´objectif étant d´assurer le caractère démocratique du système et son financement. L´ODG devient ainsi un organisme de droit public, constitué de tous les déclarants de récolte contrairement aux syndicats qui étaient des associations loi 1901, avec la liberté ou non d´y adhérer. Résultat : il n´y aura plus qu´un ODG par appellation. Si l´ODG souhaite assumer d´autres missions que celles définies comme étant d´intérêt général, il devra trouver d´autres sources de financement que les cotisations obligatoires. Les missions de contrôle dit externe, quant à elles, seront donc effectuées par un organisme indépendant mais librement choisi par l´ODG.
Il pourra s´agir soit d´un organisme certificateur, société privée accréditée par le Cofrac (Comité français d´accréditation) et agréée par l´Inao, soit d´un organisme d´inspection (OI). La filière viticole ayant souhaité majoritairement opter pour cette seconde solution. L´OI n´est pas forcément accrédité Cofrac mais doit respecter les principales normes européennes et être agréé par l´Inao.
L´OI devra proposer un plan d´inspection rédigé sur la base du décret de l´appellation en concertation avec l´ODG, décret devenu depuis le cahier des charges. Ce plan de contrôle comprendra des autocontrôles réalisés par les opérateurs, les contrôles internes réalisés par l´ODG et les contrôles externes assurés par l´OI. Chaque ODG devra déterminer l´ampleur de chacun de ces niveaux de contrôle ce qui déterminera également l´ampleur du coût du contrôle. Ce plan de contrôle définira également les modalités de désignation des membres de la commission de dégustation. L´OI, par contre, ne pourra prendre de sanctions.

Ces dernières pourront être décidées par l´Inao sur la base du constat dressé par l´OI. Au-delà de cette réforme des structures, et autre révolution, le vigneron devra être habilité à produire du vin AOC.  » Il s´agira de vérifier que l´opérateur dispose de l´outil de production minimum afin qu´il puisse rentrer dans la logique d´élaboration de l´AOC. A chaque ODG revient le soin de définir les règles dans son cahier des charges selon ses spécificités « , indique l´Inao. Le fait de disposer ou non de l´équipement minimal requis aboutira à une notation de l´opérateur qui déterminera une pression de contrôle plus ou moins importante. Dans ce nouveau schéma, le certificat d´agrément disparaît. Les contrôles deviennent aléatoires et portent tant sur l´outil de production que sur le produit tout au long de sa vie jusqu´à sa commercialisation.  » Faire de l´AOC est un acte volontaire mais avec cette réforme, il s´agit de rompre le cercle selon lequel on produit de l´AOC par habitude « , souligne l´Inao. Le tout devant entrer en application aux vendanges 2008.

Publié dans « Réussir Haute Marne« 

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Une réforme : pour qui, pour quoi ?

source : Vignerons Indépendants Bernard BOYER, Vigneron Indépendant à VISAN (Vaucluse), le 20 juin 2007 : La réforme de l’agrément est en panne et rencontre une forte opposition de la part des vignerons. A y regarder d’un peu plus près, ce … Continue reading

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Entre ODG et agrément Grand cru

Les profesionnels de la viticulture alsacienne cherchent à améliorer la qualité de leurs vins. Pour y parvenir, ils doivent composer avec différentes réformes devant leur permettre d'atteindre l'excellence. - ©Benoît Facchi

La réforme des AOC avec la création d’un Organisme de Défense et de Gestion (ODG) et d’un Organisme d’Inspection (OI), et celle de la réforme de l’agrément pour l’AOC Grand Cru ont été les deux points principaux de l’ordre du jour de l’assemblée générale de l’Association des Viticulteurs d’Alsace qui s’est tenue mardi à Colmar.

Le Directeur de l’AVA Jean-Paul Goulby a tout d’abord rappelé que cette réforme a été provoquée par le gouvernement qui veut engager les AOC dans la voie de la modernisation. Trois conséquences sont immédiates :
- l’Institut National des Appellations d’Origines (INAO) devient l’Institut national de la qualité et de l’origine (INQO). Ce dernier doit désormais gérer l’ensemble de signes officiels de l’origine et de la qualité. En particulier, les labels rouges et l’agriculture biologique.
- Les syndicats de défense des appellations font, eux, l’objet d’une reconnaissance officielle afin d’assurer en toute transparence les missions de défense et de gestion des appellations d’origine.
- Le dispositif réglementaire évolue vers une réalisation des contrôles par une tierce partie. « Nous avions une façon de travailler qui consistait à mettre en avant les travaux des syndicats viticoles qui ont toujours eu une place au sein de notre conseil d’administration de l’AVA avec les différentes familles professionnelles. La loi d’orientation agricole a voulu un Organisme de Défense et de Gestion (ODG) dans chaque appellation, constitué de tous les déclarants de récolte de l’appellation dont il a la charge. La conséquence immédiate est dès lors qu’il assume les missions d’intérêt général pour l’appellation, celles-ci doivent être financées par tous les producteurs de l’appellation concernée. Pour être reconnu, un ODG doit avoir des règles de composition et de fonctionnement qui lui permettent d’assurer une bonne représentation des déclarants de récolte ».

Demande de reconnaissance déposée
Cette reconnaissance devra être prononcée par le directeur de l’INQO au plus tard le 31 mai 2007, après avis du comité national. Une fois mise en place, ce sont les personnes qui revendiquent une appellation dans la déclaration de récolte qui deviennent membres de l’ODG. L’ordonnance du 7 décembre 2006, prévoit que l’ODG repose sur la notion de syndicat de producteurs (déclarants de récolte). « Ce dernier se voit confier plusieurs missions : il élabore le projet de cahier des charges, il tient à jour la liste des opérateurs, il participe aux actions de défense et de protection du nom du produit et du terroir, à la valorisation du produit. L’AVA réalise déjà ce travail. Nous consacrons ainsi chaque année 15 000 Euros en frais d’avocat et de justice », a rappelé Jean-Paul Goulby. À noter également que les ODG auront également comme mission de choisir leur organisme de contrôle et de recouvrir aux droits INAO tout en pouvant assumer d’autres missions liées à l’appellation d’origine contrôlée, financée par des moyens distincts de la cotisation obligatoire. « L’AVA reconnue comme ODG peut continuer ses missions traditionnelles, mais avec le budget des cotisations syndicales », précise Jean-Paul Goulby. La demande de reconnaissance de l’AVA a été transmise à l’INAO le 12 octobre 2006 pour les appellations AOC Alsace, Alsace Grand Cru et Crémant d’Alsace. Une demande de reconnaissance complémentaire pour l’appellation Marc de Gewurztraminer (future AOC) a été transmise début janvier. « Pour faire reconnaître l’AVA en ODG, nous avons rappelé ses missions syndicales actuelles. Et notamment la prise en compte des difficultés rencontrées par les exploitants, le conseil juridique et fiscal, la représentation des viticulteurs dans les différentes instances départementales et régionales, la gestion de l’emploi en viticulture ou encore la gestion de nombreux dossiers comme la hiérarchisation des vins d’Alsace ou encore des missions de protection de l’aire d’appellation d’origine contrôlée », a poursuivi Jean-Paul Goulby.
En outre, il y a lieu de créer un Organisme d’Inspection (OI) avant le 1er juillet 2007 comme l’exige également la loi d’orientation agricole. Cet OI doit contrôler les appellations d’origine qui en font le choix. Ils effectuent uniquement des constats. Il revient à l’INAO de prendre ensuite les mesures adéquates en fonction des dérives constatées. « Nous sommes beaucoup plus avancés sur le dossier de l’ODG que sur l’OI même si nous avons des contacts. Il faut cependant travailler rapidement avec les différentes familles professionnelles et l’interprofession. Mais d’’autres associations pourraient nous rejoindre comme les producteurs de Munster, les producteurs de miel, ou des viticulteurs lorrains. Les discussions pour un OI Grand-est sont ouvertes et le président de la Région Alsace y est favorable », a ajouté le Directeur de l’AVA.
Présent dans la salle, Marcel Blanck de Kientzheim s’est interrogé sur l’articulation de ce projet. « Les viticulteurs ne veulent pas se retrouver demain dans un système où ce sont des personnes extérieures à la viticulture qui feraient la loi. Il y a une inquiétude certaine ». Une position partagée par Rémy Gresser qui « fait confiance aux alsaciens plutôt qu’à des formules qui viennent de Paris ».
Le Président de l’Association des Viticulteurs d’Alsace a tempéré ces propos tout en reconnaissant qu’il va falloir se battre et être présent sur le dossier. « On veut un ODG qui soit responsable et représente l’ensemble des producteurs et des familles professionnelles car les propositions doivent venir de ceux qui travaillent. Nous voulons maintenir au maximum notre système qui a fait ses preuves au sein d’uns structure forte. Pour y parvenir, les contrôles en interne seront importants. Il en faudra un maximum pour alléger les contrôles en externe et ne laisser à l’OI que la phase finale de la démarche de qualité ».

« Atteindre collectivement l’excellence »
La seconde réforme, celle de l’agrément pour l’AOC Grand Cru, suscite également de nombreux commentaires dans le vignoble depuis quelques mois. Yves Dietrich, secrétaire général de l’AVA a toutefois profité de l’assemblée générale pour rappeler les points clés de cette réforme. « Ce travail sera la base pour toutes les appellations. Les points essentiels sont le maintien du coût, l’amélioration de la qualité pour atteindre collectivement l’excellence, ne pas standardiser les produits et la volonté de garder notre choix de conduite pour atteindre le niveau qualitatif souhaité. D’où l’importance pour y parvenir des autocontrôles. La réussite de ce projet dépend de la démarche volontaire d’y aller. Il sera validé en interne à travers les ODG ou la gestion locale puis en externe ». Les cinq étapes du processus ont ensuite été détaillées. La première qui concerne l’identification ne pose aucun problème en Alsace car tout est en AOC. Il y a ensuite l’habilitation, l’évaluation, le contrôle de l’outil de production et le contrôle de produit. Elles doivent permettre de remplir les objectifs de respect de la plante, de respect de l’environnement, de respect du raisin, de respect du terroir et de respect du consommateur. Ces 5 objectifs ont été détaillés à l’aide d’un document reprenant les les points clés, les mesures, les contrôles (internes et externes) qui seront effectués. « Il s’agit d’une synthèse des travaux menés dans les sous-régions, mais aussi par les familles professionnelles et les œnologues, à valider encore par le CRINAO (un dossier défendable selon le président Boesch, même si l’affaire n’est pas encore gagnée car la proposition de l’AVA est une alternative au système à points mis en avant au niveau national). Il y aura une nécessaire mise en place d’un comité d’évaluation pour suivre ces travaux, les adapter sur le « terrain » et les faire évoluer d’une année à l’autre. Pour chaque objectif, il sera possible de faire l’impasse sur un point clé (à l’exception de l’hygiène, du contrôle des vins avant embouteillage, du rendement et de la déclaration de récolte et de l’optimisation du plan de palissage), en utilisant un « joker » qui permettra de répondre malgré tout aux exigences de l’appellation.», a ajouté Yves Dietrich. Trois niveaux d’exigences qualitatives sont proposés (minimum, moyen, maximum). Le Président du Syndicat des Vignerons Indépendants (SYNVIRA) Jean-Daniel Herring, après avoir souligné qu’il approuvait la majorité de cette réforme s’est toutefois inquiété de la mise en place de ces trois niveaux. « Il y a beaucoup de contraintes et peu d’avantages pour les viticulteurs qui atteindront le troisième niveau. Dès lors, on peut s’interroger sur l’intérêt d’y parvenir ». Le renforcement qualité des vins d’Alsace et la recherche de l’excellence sont les objectifs recherchés dans ce projet.

Une reprise des ventes intéressante
Une qualité d’autant plus importante qu’elle est recherchée par les consommateurs. Ces derniers font d’ailleurs toujours confiance aux vins d’Alsace. « Nous pouvons en effet nous féliciter d’une bonne reprise de nos expéditions, en particulier à l’export. L’activité soutenue qui se confirme en ce début d’année 2007 avec une hausse attendue des ventes, devrait permettre à nos entreprises de retrouver progressivement une meilleure maîtrise de leur politique tarifaire car, jusqu’à très récemment se sont les seuls prix enregistrés sur les marchés lointains qui étaient bien orientés », note Jean-Louis Vézien Directeur du Comité Interprofessionnel des Vins d’Alsace (CIVA). Ce dernier a, comme de coutume, donné quelques statistiques sur la conjoncture viticole alsacienne. Il a ainsi rappelé les résultats de la récolte 2006 (volume rentré de 1 082 000 hl soit 6 % de moins que la récolte 2005 sur une surface déclarée de 15 300 hectares), les disponibilités de la présente campagne qui s’élèvent tous AOC confondues à 2,8 millions d’hectolitres et les stocks au 31 décembre 2006 de 1,4 million d’hectolitres. Concernant le marché à la propriété, « la campagne 2006/2007 a démarré avec un volume échangé au cours des deux premiers mois à fin février en diminution de 12 % par rapport à la même période l’an passé. Les prix moyens sont tous orientés à la hausse, à l’exception du Pinot Gris en diminution de 10 % sur un an. Ils restent cependant en retrait par rapport à leur niveau du premier semestre 2005. Nous constatons la même tendance sur le marché du vrac auprès de principaux concurrents français ».
En 2006, la Belgique est restée la première destination des vins d’Alsace toutes appellations d’Alsace confondues devant les Pays-Bas et l’Allemagne. Mais, la reprise des exportations est plus sensible vers les pays tiers comme le Canada, la Suisse et la Norvège. Le prix moyen des Alsace Tranquilles à l’export est de 4,34 Euros par litre. Les ventes de l’AOC Crémant d’Alsace se sont élevés en 2006 à 194 000 hl (+7,3 %). Enfin, en France, le marché reste stable pour les vins d’Alsace

Remonter le rendement de 3 hl/ha ?

Parmi les autres points d’actualité évoqués lors de cette assemblée générale, il faut retenir la proposition de modification de la procédure de fixation des dates d’ouverture des vendanges. « C’est un fait, il y a des zones plus précoces que d’autres dans le vignoble alsacien. Jusqu’à présent, tout se réglait par le système de pré-vendanges. Mais ce système n’est plus satisfaisant selon certains viticulteurs. Nous allons donc faire une proposition : identifier les communes et les secteurs précoces. Les propositions viendront des syndicats viticoles pour avoir des repères fiables. Il y aura alors deux dates de vendanges. Une première pour les secteurs précoces et une seconde pour tous les autres. On verra bien si ce système est performant. Il sera mis à l’essai pour une année. Les secteurs seront très limités car il ne faut pas non plus faire n’importe quoi. Nous définirons plus précisément ces règles lors de l’assemblée générale de juillet prochain et nous validerons le tout lors de l’assemblée générale de pré-vendange en septembre », a indiqué Gérard Boesch. L’occasion pour Frédéric Bach de rappeler qu’en matière de fixation de date de vendange, c’est toujours les deux Préfets qui ont autorité pour prendre l’arrêté de fixation de ces dates de vendange après l’avis de la profession. « Par rapport à cette réforme, il faut un projet finalisé par écrit le plus vite possible pour le soumettre à l’administration, aux douanes et aux fraudes ».
Gérard Boesch a également profité de l’assemblée générale pour donner quelques orientations personnelles sur sa vision du vignoble alsacien. Concernant la chaptalisation, il a ainsi suggéré que pour un millésime « normal », elle soit de 1,5 degré maximum « Il ne faut pas vendanger un Riesling à moins de 10,5 degrés en année normale. C’est de la cohérence et une orientation qualitative ». Il a ensuite appelé le syndicat des Crémants d’Alsace à réagir face à l’effondrement du cours du Crémant. « Il faut absolument reprendre les rênes et ne pas rester spectateur». Pour le Pinot Gris, le Président de l’AVA estime qu’un choix est à faire. « Si on laisse les conditions de production actuelles avec un butoir à 90 hl/ha, il va sombrer au prix du Pinot Blanc. Or, selon-moi, il faut le caller au rendement annuel et revenir à un niveau qu’on connu nos anciens autour de 70 hl/ha ». Enfin, concernant les rendements, Gérard Boesch estime que la situation des stocks est actuellement bonne. « Je pense que nous pourrons envisager de remonter le rendement 2007 pour l’appellation Alsace de 3 hl/ha. Ce serait un signe vis-à-vis de notre marché et vis-à-vis de la base. Il faudra encore en discuter, mais si l’économique suit, ce sera ma demande ». Un avis qui a fait réagir la salle et notamment Jacques Cattin qui estime qu’il faut d’abord se concentrer sur les prix. « Le chiffre d’affaires des entreprises est important pour un producteur de raisin. C’est donc prématuré de faire une telle annonce. Attendons de voir l’évolution de la météo, ce sera plus clair. Pour l’heure, il faut se mobiliser et revenir à un objectif de 1,2 million d’hectolitres de vente ».

Jean-Michel Hell

source: ReussirLait

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Médoc et Haut Médoc : les premières AOC à se lancer dans l’agrément par marque commerciale !

Vendredi 09 Juin 2006 19:58
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Les appellations Médoc et Haut-Médoc, sous l’impulsion de leurs viticulteurs et du dynamisme de leur Syndicat, décident de réagir face à la crise. Leur bataille ? La qualité pour le consommateur ! C’est avec cette volonté que ces grands vignobles se démarquent et sont les premiers à mettre en place un agrément par marque de châteaux.

Une évolution nécessaire de l’agrément INAO
Dans le cadre de l’agrément, il est d’usage d’effectuer les dégustations à partir d’un échantillon moyen représentatif de l’ensemble de la production pour un millésime donné, c’est-à-dire sur des vins qui ne sont ni assemblés, ni élevés.
L’INAO travaille actuellement sur une réforme totale de l’agrément dans le cadre de sa nouvelle politique de revalorisation des AOC. Ce projet à l’échelle nationale, deviendra effectif au plus tard en 2008 ; il conduira dans un premier temps à passer d’un système d’agrément annuel des vins à un système d’agrément par exploitation avec des contrôles aléatoires au moment de la mise en bouteille.
Face à ces évolutions nécessaires et inéluctables, les AOC Médoc et Haut-Médoc ont décidé de prendre les devants. Depuis le millésime 2004, les prélèvements d’échantillons de Médoc et Haut-Médoc présentés aux dégustations d’agrément sont effectués une fois les assemblages réalisés, à partir de contenants prélevés individuellement ou par lot de barriques.

Le Médoc, toujours précurseur en matière de réforme
Les viticulteurs du Médoc ont toujours fait de la qualité de leurs vins leur cheval de bataille et n’ont pas hésité à engager très tôt des actions de réforme. Ainsi, le Syndicat viticole du Médoc fut le premier à mettre en place le suivi des conditions de production en 1999 ou encore la formation et la sélection des dégustateurs mais aussi à démontrer une volonté de préservation et de valorisation du vignoble.
Le Syndicat construit jour après jour une véritable politique de différentiation autour de trois axes forts :
Ø Le respect du consommateur illustré par la réforme de l’agrément et le contrôle qualité tout au long de la vie du produit
Ø Le respect de l’environnement : charte terroir et environnement (en 2001, seuls 4 Syndicats viticoles étaient signataires)
Ø Le respect du patrimoine viticole : contrôle de la bonne tenue du vignoble, préservation des aires AOC…

La mise en place dans le Médoc d’un agrément par marque commerciale
Depuis un an, le Syndicat du Médoc délivre des certificats de contrôle qualité à la mise en bouteille par nom de marque à partir d’échantillons prélevés sur la chaîne d’embouteillage, préparant ainsi doucement ses viticulteurs à la réforme INAO de 2008.
Cette démarche de certification sur le produit fini offre une garantie de qualité et de traçabilité aux acheteurs et aux consommateurs sur le vin commercialisé.
Basé sur le volontariat, les viticulteurs qui souhaitent obtenir cet agrément sur une marque ou un château, dans les appellations Médoc et Haut-Médoc, se soumettent à un contrôle : un échantillon est prélevé de manière aléatoire durant la période de mise en bouteille. Il est soumis à un comité de dégustation composé de 5 membres (viticulteurs, œnologue, négociant, amateur éclairé) et doit s’accompagner d’un bulletin d’analyses.
Le certificat est attribué à la marque ou au château par décision collégiale aux échantillons qui obtiennent au minimum 4 avis favorables sur 5.
Déjà une centaine de certificats a été délivrée sur un an. Cette démarche initiée par le Syndicat du Médoc s’inscrit également dans celle de la Fédération des Grands Vins de Bordeaux qui souhaite généraliser une démarche qualité sur le millésime 2006 et mettre en place un agrément spécifique par nom de château.

Une belle initiative qui permet au vignoble médocain, de renommée mondiale, d’affirmer une fois encore sa différence et son caractère !

Contact presse :
Corinne HENNEQUIN / Eve GUEYDON
21 place de Grandjean – 33440 Ambarès
Tél : 05 57 77 59 60 – Fax : 05 57 77 59 61
E-mail : contact@agencehemispheresud.com

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À Banyuls, du dégoût de l’agrément aux plaisirs des goûts des vins.

L’agrément des vins d’appellation, la bouteille à… l’encre… ! Un gouffre financier, une débauche de temps, pour des résultats… qui fâchent beaucoup de monde. Les consommateurs, pour qui l’étiquette AOC ne rime souvent plus avec qualité et respect du terroir depuis maintenant longtemps, et cherchent d’autres moyens de sélection de leurs achats. Et des vignerons qui ne comprennent pas que leurs vins de terroirs soient diabolisés en vins de table, pour « atypicité », alors que la qualité standard d’un niveau très moyen alimente les linéaires.
Dans le grand chantier ouvert par l’INAO pour réformer les AOC, l’agrément tient une place particulière, plaque très sensible qui cristallise toutes les carences du système actuel.
Aussi, les syndicats des crus Collioure et Banyuls, et l’association Sève, ont-ils organisés, à la fin août 2005, avec la participation de l’INAO et de son président pour le vin, René Renou, un colloque : « Des Goûts, Des Vins ». Ce colloque a réuni des scientifiques et des universitaires du goût, de la dégustation, des terroirs, et de nombreux professionnels de la vigne et du vin, vignerons, œnologues…
Y a-t-il un « goût de l’appellation » ? Le goût, est-il dans ce que l’on goûte, ou (et) dans celui qui goûte ? Quelles réformes de la dégustation pour accompagner l’ambition de remettre l’exigence des conditions de production au centre des agréments des vins d’AOC ?
Nous vous proposons d’accéder au compte rendu de ce colloque, dont René Renou a écrit « qu’il a été une réussite exceptionnelle » : « Le miracle c’est entrer dans un débat de qualité reposant sur l’écoute, le savoir des gens extérieurs, sans arrogance ni suffisance, l’envie d’avancer loin des langues de bois. »

Patrick Baudouin, Marc Parcé.

Le mot de René Renou

Le colloque de Banyuls a été une réussite exceptionnelle et pourtant beaucoup de paramètres pouvaient faire craindre le pire (vendanges, éloignement, etc..).
Mais lorsque le débat décolle pour se retrouver dans les sphères (rarissimes) de la science et de la pratique, lorsque les gens s’écoutent, qu’ils affichent une volonté d’ouverture intellectuelle : le miracle se produit.
Le miracle c’est entrer dans un débat de qualité reposant sur l’écoute, le savoir de gens extérieurs, sans arrogance ni suffisance, en un mot l’envie d’avancer loin des langues de bois, ce qui donne une sensation de grande fraîcheur à l’issue de la journée.
Malheureusement c’est toujours ceux qui vont à la messe qui en ont moins besoin. Ce qui n’est pas forcément le cas de tous ceux qui ne viennent pas…

Le monde change et vouloir faire l’autruche est le moyen le plus sûr pour disparaître. Nous devons comprendre ce qui bouge et pourquoi.
Il n’y a pas d’action constructive sans réflexion à la lumière du savoir objectif.

Merci à « Sève » et aux syndicats des crus Banyuls et Collioure d’avoir organisé ce débat (à refaire de façon récurrente bien sûr).
Merci aux scientifiques de nous avoir éclairés en prenant des angles totalement nouveaux pour parler du vin dans toute son acception.

Je crois dans les AOC, à condition d’obéir à une éthique simple :
Avoir le respect en toute transparence
- du métier de vigneron
- du terroir
- du consommateur

Le tout dans un esprit d’ouverture vis à vis de ses collègues vignerons ce qui n’a rien à voir avec « je fais ce que je veux » mais tout avec l’éthique de construire ensemble car l’AOC c’est l’absolue garantie du succès.

René Renou.

source (La Revue des Oenologues)

textes ( Des Gouts des Vins2) (Des Gouts des Vins )

 

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